En route pour plus de tension

Nouveaux véhicules, nouvelles vedettes, nouveaux trajets: la saison Formule E actuelle vous réserve bien des nouveautés – et de bonnes surprises. Voici tout ce que vous devez savoir sur l’E-Prix à Berne.

Aller à: nouveaux véhicules, nouvelles équipes, nouveau format de course, nouveaux circuits, nouveaux pilotes vedettes

L’ABB FIA Formula E a pris son envol. En un temps record. Voilà déjà cinq ans que la première série de course entièrement électrique a pris le départ à Pékin. Le milieu du sport automobile n’a pas manqué de voir l’événement d’un œil critique. Des pilotes sans essence, au beau milieu de grandes villes? C’était une hérésie aux yeux des tenants de la tradition. Mais c’était plus durable, au vrai sens du terme. En effet, la série électrique s’est imposée en un temps record. La légende dit que l’idée en a pour la première fois germée en 2011, lorsqu’elle a été couchée sur une serviette en papier. Cette vue de l’esprit fait désormais partie intégrante du sport automobile international.

À l’heure de la cinquième saison, la phase d’expérimentation est révolue depuis bien longtemps. Les équipes qui ne sont pas parvenues à intégrer la technique électrique, comme l’écurie de l’ex-pilote de Formule 1, Jarno Trulli, ont rapidement disparu. Par contre, davantage de constructeurs automobile et leurs équipes de course se sont ajoutés à chaque saison: il y en a désormais plus que dans n’importe quelle autre série de course. Depuis cette année, ils utilisent tous la toute nouvelle voiture de type unifié au design futuriste; la Formule E est ainsi devenue plus rapide, plus spectaculaire… et a pris en maturité.

1. Nouveaux véhicules électriques

L’Audi e-tron FE05 s’appuie elle aussi sur la nouvelle plate-forme au design Batmobile. L’un des véhicules est également exposé à l’e-tron experience center, situé sur l’Utoquai à Zurich. (Audi Communications Motorsport/Michael Kunkel)
L’Audi e-tron FE05 s’appuie elle aussi sur la nouvelle plate-forme au design Batmobile. L’un des véhicules est également exposé à l’e-tron experience center, situé sur l’Utoquai à Zurich. (Audi Communications Motorsport/Michael Kunkel)

Faites place à la Batmobile! Les véhicules de type unifié des quatre premières saisons ont été mis au rancart. Pour la cinquième année de Formule E, les organisateurs ont développé un bolide flambant neuf de type unifié et de design Batmobile. Il n’y a plus d’aileron arrière, mais un énorme diffuseur. C’est le plus grand coup des fabricants: avec ces nouvelles voitures, l’ABB FIA Formula E s’est dotée d’un look inimitable et a mis un terme au changement de véhicule à la moitié de la course pour cause de batteries vides, qui était nécessaire jusqu’à présent et arrachait des moqueries. Les nouvelles batteries ont fait l’objet d’une amélioration considérable et tiennent désormais bon pendant toute une course. Le nouveau véhicule a également pris en vitesse: le nouveau véhicule Gen2 file en 2,8 secondes de 0 à 100 km/h et peut atteindre la vitesse de 280 km/h. Ce bolide pèse toutefois 900 kg (pilote inclus).

2. Nouvelles équipes

Le Suisse Sébastien Buemi (qui se tient ici devant le Palais fédéral) court à Berne pour l’équipe Nissan. (Keystone/Anthony Anex)
Le Suisse Sébastien Buemi (qui se tient ici devant le Palais fédéral) court à Berne pour l’équipe Nissan. (Keystone/Anthony Anex)

Sébastien Buemi désormais à bord d’une Nissan! La vedette de la Formule E d’Aigle VD est devenue en quatre ans avec Renault le pilote électrique avec le plus de succès: douze victoires en course, un titre au championnat du monde et deux titres de vice-champion. Le trentenaire a désormais troqué le véhicule bleu-jaune pour un véhicule argent. Au sein du groupe, Nissan a pris la place de Renault. Avec l’équipe française e.dams, l’équipe reste toutefois la même dans les coulisses. De plus, les Allemands raffolent du sport électrique. BMW est désormais assisté d’une équipe de course et a immédiatement remporté la course inaugurale à Riyad.

Un an avant le départ officiel, Mercedes est représentée par l’équipe de course HWA, qui a été admise en ABB FIA Formula E comme onzième écurie. La saison prochaine, Porsche sera également de la partie. Cela dit, avec Audi, BMW, Mercedes, Jaguar, Nissan, Mahindra (Inde) et DS (marque du groupe Citroën-Peugeot-Opel) il y a déjà plus de constructeurs automobile que jamais auparavant.

3. Nouveau format de course

Lors de cette saison, les pilotes peuvent prendre de la puissance en dehors de la ligne idéale. (Audi Communications Motorsport/Michael Kunkel)
Lors de cette saison, les pilotes peuvent prendre de la puissance en dehors de la ligne idéale. (Audi Communications Motorsport/Michael Kunkel)

Mario Kart est devenu réalité! Les cadors de la Formule E veulent des courses imprévisibles. Les nouvelles voitures de type unifié s’en chargent, puisque leur construction robuste résiste bien aux duels difficiles et au contact avec les adversaires. Sans oublier deux innovations dans le règlement. Comme dans le légendaire jeu Nintendo Mario Kart, les pilotes peuvent traverser une zone marquée en dehors de la ligne idéale et gagner ainsi en puissance. Pendant un temps donné – qui n’est défini qu’avant la course, généralement quatre minutes avant – il faut passer en «Mode Attaque», avec 306 chevaux électriques au lieu des 272 habituels. Deux fois par course, chaque pilote doit activer le «Mode Attaque». Plus délicat encore pour les pilotes: la durée de la course n’est plus un nombre fixe de tours. Un nouveau E-Prix dure 45 minutes plus 1 tour. Cela rend la gestion de l’énergie en course encore plus compliquée. Malheur au leader de la course qui est si rapide qu’il finira par faire plus de tours que prévu par les équipes. Chaque conducteur doit prendre des précautions dans la gestion de sa batterie pour éviter ce cas de figure.

4. Nouvelles courses

Monaco figurait cette année au calendrier des courses. (Audi Communications Motorsport/Michael Kunkel)
Monaco figurait cette année au calendrier des courses. (Audi Communications Motorsport/Michael Kunkel)

La Formule E fonce dans les rues de Berne! La saison 2018-19 comprend 13 courses dans 12 villes du monde entier, dont Hong-Kong, Rome, Berlin, Paris, Mexico City, Santiago de Chile et New York. La liste présente une nouveauté: l’étape en Suisse. Berne remplace Zürich, puisque le Züri Fäscht sera le grand événement de l’été et aura à ce titre préséance. Le départ du parcours en montagnes russes sera donné au Bärengraben le 22 juin 2019. Riad, en Arabie Saoudite, et Sanya, en Chine, comptent également parmi les nouveaux lieux de départ. Ces deux pays passent pour des marchés au fort potentiel. S’ajoute à cela, comme tous les deux ans, Monaco, dont le circuit n’est toutefois qu’une variante raccourcie de la légendaire piste de Formule 1.

5. Nouveaux pilotes vedettes

Les petits nouveaux: Gary Paffett, Felipe Massa et Stoffel Vandoorne (de gauche à droite). (Formule E)
Les petits nouveaux: Gary Paffett, Felipe Massa et Stoffel Vandoorne (de gauche à droite). (Formule E)

Un ancien champion de Formule 1 GP court cette saison pour la première fois en Formule E. L’ancien pilote de Ferrari et de Sauber, Felipe Massa (38), a remporté onze grands prix dans la catégorie reine des rallyes et a décroché de justesse en 2008 le titre de vice-champion du monde derrière Lewis Hamilton. Le petit Brésilien rejoint désormais son coéquipier genevois Edoardo Mortara (32) dans l’équipe Venturi. Au sein de la nouvelle équipe de course HWA (derrière laquelle se trouve Mercedes), l’ancien pilote de Formule 1 de McLaren Stoffel Vandoorne (27) et le Britannique Gary Paffett (38), qui a remporté en 2018 une course populaire, la série allemande de voitures de tourisme DTM pour Mercedes, sont au volant. La Formule E n’avait encore jamais compté autant de vedettes.

Voici comme s’est déroulée la saison jusqu’à présent

En cette cinquième année de l’ABB FIA Formula E, il n’est par exemple plus envisageable de voir un champion comme Sébastien Buemi dominer à ce point une saison de Championnat du Monde comme il l’a fait 2015/16. La saison 2018-19 est plus passionnante que jamais. Pas moins de huit champions différents se sont imposés lors des huit premières courses: Da Costa, D´Ambrosio, Bird, di Grassi, Mortara, Vergne, Evans, Frijns. En plus de cela, ils proviennent tous de pays différents. Il faudra attendre que le champion en titre Jean-Eric Vergne remporte sa deuxième victoire en saison à Monaco pour mettre un terme à cette série record. Le Français va maintenant se rendre à Berne pour prendre la tête du classement général. Mais trois courses avant la fin, au moins cinq pilotes peuvent encore espérer le titre mondial. Vergne est également leader dans le nouveau classement du Championnat d’Europe. Lors des Voestalpine European Races, le meilleur pilote de toutes les courses européennes sera choisi. La finale du Championnat d’Europe aura lieu à Berne. Si l’E-Prix de cette saison et le championnat sont tellement imprévisibles, c’est qu’aucune équipe n’a été en mesure de s’imposer clairement à cause du règlement. Il en ira de même à Berne et à New York.

Le tenant du titre commence en deuxième position

Lors de la dernière course, Lucas di Grassi a décroché sa première victoire de la saison. (Audi Communications Motorsport/Michael Kunkel)
Lors de la dernière course, Lucas di Grassi a décroché sa première victoire de la saison. (Audi Communications Motorsport/Michael Kunkel)

La Suisse est l’endroit rêvé pour l’équipe de course Audi Sport ABT Schaeffler: lors du premier E-Prix à Zurich en juin 2018, le pilote Audi Lucas di Grassi (34) a terminé sur la première marche du podium. Il s’était même jeté de joie dans le Lac de Zurich. Son coéquipier Daniel Abt (26) a décroché la neuvième position. Ce n’était pas là le dernier succès en Suisse: l’écurie Audi, dirigée par Allan McNish (49), a fini la saison 2017-2018 en tant que championne. Les deux pilotes sont restés fidèles à la série, puisqu’ils prennent cette année encore le départ à bord de l’e-tron.

Les chances dans l’équipe sont toujours les mêmes: Audi Sport ABT Schaeffler se classe en deuxième position derrière DS. Au classement des pilotes, di Grassi occupe la deuxième place. Actuellement, le Français Jean-Éric Vergne (29, DS) lui barre la route. Cependant, le pilote d’Audi vient à Berne avec des atouts: lors du dernier E-Prix à Berlin, il a remporté sa première victoire de la saison. Abt est en septième position du peloton, soit sa place d’arrivée lors de la saison dernière.

Le parcours à Berne.
Le parcours à Berne.

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